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Accompagner sans dominer

Goutte d'eau reflétant une forêt, accompagnée d'une citation de Milton Erickson

Accompagner sans dominer

Chez Absolem nous n’adhérons pas et n’adhèrerons jamais à la position du thérapeute tout puissant qui pense mieux savoir que son . sa patient.e ce dont il.elle a besoin.

Dictée par l’égo pour se nourrir, cette position ne nous convient pas.
Nous sommes du côté de Milton Erickson et de sa sagesse, du côté de l’écoute, de l’observation, du non jugement, du côté des personnes qui viennent nous voir et de leurs ressources enfouies. Nous avons confiance en leur puissance et nous engageons à les aider à les ranimer.
Nous sommes du côté de cette belle danse thérapeutique que nous allons faire ensemble où nos pas s’adapteront constamment aux leurs.
 
Nous sommes du côté d’une relation égalitaire et d’une guidance respectueuse de la personne vers une transformation et une guérison qui lui appartiendra totalement.
 
Nous sommes du côté du cœur et de l’âme et, dans cette danse fluide où nous accompagnons, nous sommes guidées par bien plus grand que nous.
 
Bérangère Lhomme et Sandra Depasse – Absolem Formations

Ce qu’en dit la littérature

Ce texte défend une position clinique. Il se trouve que la recherche en psychothérapie dit à peu près la même chose depuis cinquante ans.

Carl Rogers avait posé trois conditions à la relation d’aide : l’empathie, la congruence du thérapeute et un regard positif inconditionnel. À l’époque, l’idée passait pour une douceur un peu naïve. Les décennies suivantes lui ont donné raison de manière assez spectaculaire. Les travaux sur les facteurs communs, menés notamment par Michael Lambert et Bruce Wampold, aboutissent à un constat déroutant pour qui croit aux techniques. Ce qui prédit le mieux le résultat d’une thérapie n’est pas la méthode employée. C’est la qualité de l’alliance entre les deux personnes présentes.

John Norcross a consacré un ouvrage entier à cette question, sous un titre parlant : les relations thérapeutiques qui fonctionnent. On y trouve une donnée que peu de thérapeutes aiment entendre. La variable la plus déterminante après l’alliance, c’est le thérapeute lui-même, bien plus que son courant théorique. Deux praticiens formés à la même méthode obtiennent des résultats très différents.

La recherche a aussi documenté l’inverse, ce qu’on nomme les effets de détérioration. Une psychothérapie peut aggraver un état. Parmi les postures régulièrement associées à ces effets figurent la confrontation appuyée, l’interprétation imposée et le refus d’entendre le désaccord du patient. Autrement dit, exactement la position que ce texte refuse.

Du côté du cerveau, Stephen Porges a proposé une notion utile, celle de neuroception. Notre système nerveux évalue en permanence, sous le seuil de la conscience, si l’environnement est sûr. Un visage, un ton de voix, un rythme respiratoire suffisent à déclencher l’apaisement ou la défense. Chez une personne traumatisée, ce détecteur est réglé au plus sensible. Une autorité un peu trop assurée sera lue comme une menace, quelles que soient les intentions.

Cela éclaire ce que Milton Erickson pratiquait sans le formuler ainsi. Son principe d’utilisation consiste à travailler avec ce que le patient apporte, y compris ses résistances. Ce que d’autres appelaient obstacle, il le traitait comme information. L’hypnose ne fonctionne pas parce que le thérapeute domine. Elle fonctionne parce que le patient se sent suffisamment en sécurité pour lâcher sa vigilance.

Les travaux francophones sur l’hypnose thérapeutique, notamment ceux d’Antoine Bioy, insistent sur ce point. La suggestibilité n’est pas de la docilité. Elle est une disponibilité relationnelle. Elle suppose donc une relation qui la mérite, et c’est précisément ce que nous travaillons dans la méthode HyCSI® et dans la posture du thérapeute.

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