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Contrôle coercitif post-séparation : identifier l’invisible

Petite silhouette en manteau turquoise sous la pluie derrière une vitre embuée

Contrôle coercitif post‑séparation

Il y a 15 jours j’abordais le concept très controversé du Syndrome de l’Aliénation Parentale (SAP) et son impact sur les mères au sein de la justice. 

Il me parait important d‘aller un pas plus loin. Comme souvent lorsqu’on aborde la manipulation on se rend compte que les mots sont « détournés » pour servir et protéger les vrai.e.s manipulateurs.trices (MPN). Ainsi le terme manipulateur pervers narcissique, si souvent dévoyé, protège aujourd’hui celles et ceux qui entrent pourtant dans cette « catégorie ». De ce fait, si vous tentez d’échapper à leur emprise pour protéger vos enfants, surtout ne prononcez pas les mots emprise et perversité narcissique devant la justice, cela se retournera immédiatement contre vous et vous renverra à la case « SAP ».


Et pourtant, à la suite d’une séparation, la manipulation exercée sur les enfants par le parent toxique afin de continuer à briser le parent sain existe bel et bien. Elle est systématiquement le fait des MPN et est aujourd’hui nommée par les spécialistes de la protection de l’enfance «contrôle coercitif post-séparation ».
Oui c’est complexe, à l’image de l’enfer vécu par un parent sain face à un parent toxique !


Ainsi, le parent toxique va rendre l’enfant petit à petit dépendant de lui et de son discours à l’égard de l’autre parent et utilise, pour se faire, une autorité tyrannique et les techniques classiques de manipulation. Il va donc disqualifier l’autre parent pour que l’enfant le perçoive au travers de son regard à lui et surtout il va conditionner son amour au fait que l’enfant déteste le parent sain. L’enfant ainsi instrumentalisé devient le bras armé du parent toxique. Il va adopter sa façon de penser, mais aussi ses « stratégies » et grandir dans un environnement pervers et destructeur où il est contraint de renoncer à une part de lui-même en devant renoncer à l’amour qu’il porte pourtant au parent sain.


L’hypnose conversationnelle HyCSI offre des outils de compréhension et d’action pour les parents victimes, afin qu’ils puissent eux-mêmes aider leurs enfants à comprendre l’emprise dans laquelle ils sont et en sortir.


Bérangère Lhomme- Absolem Formations

Pour aller plus loin

Il y a une chose que ce texte pointe et qui mérite d’être dépliée. La séparation ne met pas fin à l’emprise. Elle en change les outils.

Tant que le couple existe, le contrôle passe par la proximité. Après la rupture, cette voie se ferme et deux autres s’ouvrent. Les enfants, qui deviennent le seul canal de communication obligatoire. Et les procédures, qui offrent un cadre légitime pour continuer à convoquer l’autre. Multiplier les requêtes, contester chaque modalité, saisir à nouveau pour un motif mineur : rien de tout cela n’est illégal, et l’effet cumulé est un épuisement financier, temporel et nerveux qui peut durer des années. La littérature anglophone parle d’abus procédural.

Le parent protecteur se retrouve alors dans une injonction contradictoire dont il est très difficile de sortir. S’il parle des violences, il risque d’être lu comme un parent qui instrumentalise. S’il se tait pour paraître coopératif, il pourra lui être reproché de ne pas avoir protégé. Les deux portes sont fermées, et cette impasse produit un état que nous voyons souvent en consultation : une hypervigilance permanente, une difficulté à formuler simplement, une peur de mal dire qui donne paradoxalement l’air peu crédible.

Sur le concept lui-même, un repère utile. L’Organisation mondiale de la santé a retiré l’aliénation parentale de l’index de sa classification en 2020, après de nombreuses contestations scientifiques. Le terme continue pourtant de circuler dans les prétoires. Cet écart entre le statut scientifique d’une notion et son usage judiciaire n’est pas anecdotique, il structure le vécu de ces familles.

En pratique, cela dessine une position thérapeutique assez précise. Nous ne devenons pas partie à la procédure, et nous le disons d’emblée. Nous aidons à stabiliser le système nerveux, parce qu’une personne en alerte permanente s’exprime mal et prend de mauvaises décisions. Nous aidons à distinguer ce qui relève du factuel de ce qui relève du ressenti, non pour disqualifier le second, mais parce que la confusion des deux dessert.

Avec les enfants, une prudence s’impose. On ne leur demande pas de choisir un camp, et on ne cherche pas à obtenir une parole utilisable. On travaille leur sécurité intérieure et leur droit d’aimer les deux parents sans trahir personne. C’est souvent la seule chose qu’on puisse leur offrir, et elle n’est pas mince. Le sujet prolonge celui de la reconnaissance et se travaille dans Emprise et relations toxiques.

Absolem Formations