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Sortir de l’emprise et du lien toxique

Deux crayons taillés face à face sur fond bleu et orange, image du duo d'emprise

Relations d’emprise : comprendre la dynamique pour s'en libérer

Les relations d’emprises mettent souvent en scène le même duo : d’un côté un.e manipulateur.trice pervers.e narcissique, vide d’émotions, égocenté.e, dont le seul but est de nourrir son ego et qui n’entretient aucun lien sincère, même avec ses proches. De l’autre une personne hypersensible et empathique, généreuse, bienveillante et sincère, tournée vers les autres, qui culpabilise facilement et se remet constamment en question.


Parce qu’ils sont les exacts opposés il n’est pas difficile d’imaginer que les membres de ce duo vont s’aimanter à défaut de s’aimer : l’un.e manipule, prend et se nourrit, l’autre donne, s’adapte et se perd.
C’est donc la RELATION entre les deux qui est au centre de la problématique et du jeu psychologique qui en découle. L’un activant l’autre et vice versa.


Ce lien qui les unit est d’autant plus puissant qu’il a une base commune : manipulateur.trice.s et empathes ont besoin de l’un.e de l’autre, les un.e.s pour renforcer leur narcissisme et jouir de détruire, les autres pour renforcer leur confiance en elles.eux et jouir d’aider et de soutenir.


Cette dépendance à l’autre pour des raisons différentes est le ciment du lien toxique, le socle sur lequel tous deux vont construire la relation avec comme outil : la manipulation perverse, destructrice et violente pour exister et dominer d’un côté, le « don de soi » aimant, bienveillant et sincère comme moyen d’épanouissement et d’estime de soi, de l’autre.
La bonne nouvelle c’est que si la victime hypersensible joue un rôle dans cette relation, elle peut aussi reprendre le pouvoir et s’en détacher…


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Bérangère Lhomme – Absolem Formations

Ce qu’en dit la littérature

Ce texte met le doigt sur l’essentiel : ce n’est pas un profil qu’il faut soigner, c’est un lien. La littérature clinique a mis longtemps à arriver au même endroit.

Pendant des années, la recherche s’est concentrée sur l’agresseur. On a cherché à décrire une personnalité, à la classer, à la nommer. En France, le terme de pervers narcissique s’est imposé dans le langage courant après les travaux de Marie-France Hirigoyen sur le harcèlement moral. Il faut savoir qu’il ne correspond à aucune catégorie diagnostique officielle. Ce n’est pas un défaut du concept, c’est une indication. Il désigne une expérience relationnelle bien réelle, que les classifications de personnalité peinent à saisir.

Le déplacement le plus fécond est venu d’ailleurs. Le sociologue Evan Stark a proposé de penser ces situations non comme une succession d’agressions, mais comme une privation progressive de liberté. Il parle de contrôle coercitif. L’isolement, la surveillance, la gestion de l’argent, la disqualification quotidienne comptent davantage que les épisodes visibles. Cette lecture a fini par entrer dans le droit. L’Angleterre a créé une infraction spécifique en 2015, l’Écosse en 2018. La notion progresse depuis dans les législations francophones.

Reste la question que les proches posent toujours. Pourquoi ne part-elle pas ?

La réponse la mieux documentée s’appelle le lien traumatique. Donald Dutton et Susan Painter en ont décrit le mécanisme dès les années quatre-vingt. Deux ingrédients suffisent. Un déséquilibre de pouvoir, et une alternance imprévisible entre maltraitance et douceur. Cette alternance n’est pas un détail, c’est le moteur. Les travaux sur le renforcement intermittent montrent qu’une récompense aléatoire produit un attachement bien plus tenace qu’une récompense régulière. C’est le principe exact des machines à sous. Appliqué à un couple, il fabrique une dépendance affective d’une solidité redoutable.

S’ajoute ce que Judith Herman a nommé le trauma complexe. Quand la contrainte s’installe dans la durée, elle abîme la confiance en son propre jugement. La personne ne doute plus seulement de sa relation. Elle doute de sa perception, de sa mémoire, de sa valeur. C’est ce qui rend la sortie si longue, et si peu compréhensible de l’extérieur.

Un mot enfin sur l’empathie. La littérature ne montre pas que les personnes empathiques seraient prédisposées à ces relations. Elle montre autre chose, plus utile en thérapie. L’empathie devient un piège quand elle s’accompagne d’une difficulté à se poser comme limite. Ce n’est pas la sensibilité qu’il faut réduire, c’est la frontière qu’il faut reconstruire. C’est tout l’objet de la formation Emprise et relations toxiques.

Absolem Formations