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La symbolisation en hypnose : les chemins de guérison de l’inconscient

Visage de femme dont la chevelure se transforme en oiseaux et en formes colorées

Utiliser l’hypnose conversationnelle c’est entrer dans le monde de l’inconscient, là où tout est possible...

Utiliser l’hypnose conversationnelle stratégique intégrative en thérapie c’est entrer dans le monde de l’inconscient, là où tout est possible.
C’est créer un nouveau mode de communication entre thérapeute et patient.e, où le langage est plus souple, plus fluide, plus vibrant.

C’est partir du principe, comme le faisait Erickson, que l’inconscient de la personne qui est devant nous connait la solution et que le.la thérapeute lui fait une entière confiance en prenant la posture d’un guide attentif au service de l’objectif de la thérapie.


Et puis voilà que, durant une séance, il arrive que l’inconscient s’impose pour protéger la personne : ainsi l’apparition d’une anesthésie physique, d’une anesthésie émotionnelle, d’une catalepsie, d’une hébétude… annonce souvent l’émergence d’un souvenir douloureux qu’on pourra désensibiliser en douceur puisque la protection dissociative s’est mise en place.
Et puis parfois, la protection qui émerge est symbolique. On a ainsi la surprise de voir l’inconscient de la personne prendre totalement la main et « vivre sa vie » un peu comme dans les rêves.


La symbolisation intervient alors comme un filtre qui recouvre la réalité pour la transformer en toute sécurité. Comme cette patiente qui me dit porter un sac à dos trop lourd, mais lorsqu’elle l’ouvre en hypnose y découvre de nombreux oiseaux qui s’envolent tandis que le sac à dos lui-même se transforme en ailes…Comme ce monsieur qui découvre qu’il y a un reptile dans son estomac qui cache sa lumière intérieure. Comme cette dame qui, alors que j’essaye de l’amener vers les nombreuses scènes traumatiques de son existence, se transforme en elfe et se laisse emporter dans une aventure onirique où les animaux et les arbres viennent à chaque fois la sauver.


Et lorsque la séance est terminée et que thérapeute et patient.e sont un peu étonnés de ce qui s’y est passé, il est inutile de chercher une interprétation. Il suffit juste de vérifier que les symptômes pour lesquels la personne est venue consulter disparaissent. Et c’est toujours le cas, car la symbolisation favorise les histoires médecines personnelles qui guérissent …


Bérangère Lhomme – Absolem Formations

Ce qu’en dit la littérature

La symbolisation passe parfois pour une jolie fantaisie thérapeutique. La recherche des quarante dernières années en dit autre chose.

Le point de départ vient de la linguistique cognitive. George Lakoff et Mark Johnson ont montré que la métaphore n’est pas un ornement du langage mais une structure de la pensée. Nous disons porter un poids, être au fond du trou, avoir une boule au ventre, et ces expressions ne sont pas décoratives. Elles révèlent que nous pensons les états abstraits à travers des expériences corporelles. Autrement dit, le patient qui parle d’un mur à l’intérieur ne cherche pas une image. Il décrit la forme sous laquelle son système a rangé le problème.

Vient ensuite ce que les neurosciences ont établi sur l’imagerie mentale. Imaginer un mouvement active une large part des réseaux moteurs sollicités par le mouvement réel. Imaginer une scène visuelle recrute des aires visuelles. Cette proximité est aujourd’hui bien documentée, notamment par les travaux de Stephen Kosslyn, et elle est exploitée depuis longtemps dans la préparation sportive. Elle donne un fondement simple à ce que l’hypnose observe : le corps répond à une expérience imaginée comme à une expérience vécue, sans que la personne ait besoin de croire qu’elle est réelle.

Un troisième apport concerne l’accès à l’indicible. Quand une expérience n’a pas de mots, la demander directement produit souvent un blocage ou une reviviscence. Le détour symbolique permet de la manipuler à distance. On travaille sur le brouillard, la porte fermée, la pierre dans la poitrine, et le système émotionnel suit sans que la conscience ait besoin de tout nommer. C’est une forme de protection intégrée au procédé lui-même.

Enfin, ce que ce texte décrit comme l’inconscient qui s’impose rejoint des observations très anciennes en hypnose clinique. Ernest Rossi, longtemps collaborateur de Milton Erickson, en avait fait un principe : les phénomènes qui surgissent spontanément, catalepsie, anesthésie, hébétude, ne sont pas des incidents à corriger. Ce sont des indications sur ce qui est en train d’émerger et sur le rythme que la personne peut soutenir.

Cela conduit à une posture plutôt qu’à une technique. Suivre l’image que le patient apporte plutôt que d’en proposer une plus élégante. La sienne contient déjà l’information et, souvent, la sortie. C’est ce que nous travaillons dans Contes et métaphores et dans la méthode HyCSI®.

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