Ménopause et épanouissement : le temps de la liberté retrouvée
Je la vois arriver, et à son air particulièrement rayonnant je sens bien que ce sera la dernière séance. Elle a 58 ans, elle a survécu à une mère plutôt toxique, puis un mari du même acabit, quatre grossesses dont une brisée trop tôt, un divorce, un boulot prenant mais destructeur, un burn out et, tout du long, la danse complexe des hormones de la puberté à la ménopause. Elle me dit : « je vais mieux, j’ai mis un terme à certaines relations, je ne suis plus du tout impactée par les manipulations de mon ancien boss, je me sens libre et enfin moi. Dorénavant je me consulte moi-même avant de prendre une décision et vous savez quoi, je suis complètement sortie de cette injonction à « retrouver quelqu’un » !
Finalement je suis très bien seule, je n’ai aucune envie de me retrouver avec un homme qui va me dire quoi faire et quoi penser ! »
Je souris, son rayonnement sorore me gagne et fait écho à cette journée de formation sur la ménopause que je suis en train de préparer.
Car il est temps de raconter une autre histoire. De reprendre les rennes de notre corps et de ses évolutions. Après la fertilité qui ne devrait pas nous définir, arrive la plus grande et la plus belle des mutations, celle qui nous libère du regard des hommes et qui, dans la foulée, nous émancipe du patriarcat.
Ça commence par la libération de notre puissant feu intérieur, ça passe par l’expression désordonnée de toutes nos émotions si souvent refoulées, ça nous déstabilise pour que nous puissions créer notre propre alignement, ça nous enrobe (oui ce n’est pas simple) pour assurer notre stabilité à venir et notre enracinement, ça nous confusionne l’esprit pour nous permettre d’encore mieux penser par nous-même et surtout, ce n’est pas la chronique d’une mort annoncée (ce récit qu’on nous sert depuis des lustres), mais une réinitialisation nécessaire pour nous autoriser à rayonner pleinement qui nous sommes !
Absolem Formations propose une journée accessible à toustes d’échanges et d’apprentissage consacrée à cette r.évolution.
Bérangère Lhomme – Absolem Formations
Pour aller plus loin
Ce récit dit quelque chose qu’on entend peu. La ménopause n’est pas seulement une fin de quelque chose, c’est souvent le moment où une femme cesse de demander la permission.
Il vaut la peine de déplier ce qui se joue là, parce que la lecture purement hormonale passe à côté de l’essentiel. Cette période coïncide avec un ensemble de bascules qui n’ont rien à voir avec les œstrogènes. Les enfants partent ou grandissent. Les parents vieillissent ou meurent. La carrière atteint un palier. Le couple, s’il tient encore, se retrouve sans la logistique qui l’occupait. Beaucoup de choses qui tenaient par la fonction cessent de tenir.
Ce que la transition révèle est souvent plus déterminant que ce qu’elle provoque. Une relation qui ne convenait pas depuis vingt ans devient soudain intolérable. Un poste supporté par devoir cesse d’être supportable. Cela s’explique simplement : l’énergie disponible pour se conformer diminue, et la conformité coûte cher. Ce que l’entourage appelle parfois un caractère qui change est souvent la fin d’un effort d’adaptation devenu trop lourd.
Il y a aussi une confusion clinique fréquente, et elle mérite d’être nommée. Fatigue persistante, troubles du sommeil, irritabilité, difficultés de concentration, perte d’élan : ces symptômes appartiennent aussi bien à la ménopause qu’à la dépression et à l’épuisement professionnel. Beaucoup de femmes se voient attribuer une explication hormonale pour un burn-out, ou l’inverse. Le rôle du thérapeute n’est pas de trancher à la place du médecin, mais de ne pas laisser une seule explication recouvrir tout le tableau.
S’ajoute une dimension dont on parle rarement en séance et qui pèse beaucoup : le changement de regard social. Une femme qui a été vue toute sa vie à travers son apparence disparaît progressivement du champ visuel collectif. Certaines le vivent comme une perte, d’autres comme un soulagement, souvent les deux en même temps. Cesser d’être regardée, c’est aussi cesser d’être évaluée.
C’est ce qui rend cette phrase si juste : je me consulte moi-même avant de prendre une décision. Elle décrit un déplacement du centre de gravité, de l’extérieur vers l’intérieur. Beaucoup de femmes ne l’ont jamais fait, parce que personne ne le leur avait proposé. Ce travail est l’objet de la formation Ménopause.
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