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Ménopause et hypnose : réconcilier le corps et l’âme

Portrait en noir et blanc d'un visage de femme à la texture craquelée

Ménopause et hypnose : réconcilier le corps et l’âme

Lors de son premier rendez-vous elle me dit : « je me demande si je ne deviens pas hypochondriaque ! Je n’arrête pas d’aller chez le médecin, de faire des examens et on ne trouve rien. D’abord ça a été l’estomac, puis la digestion, puis des douleurs articulaires, une grande nervosité, des problèmes de sommeil … je n’en peux plus et mon moral est au plus bas, j’ai des moments de vrai désespoir.»


Je pense en premier à un trauma dissocié dans des douleurs psychosomatiques (ça arrive tellement plus souvent qu’on ne croit), mais lorsqu’elle me raconte son histoire de vie rien ne semble émerger.
Bien sûr, si trauma il y a l’inconscient peut aussi décider, en guise de protection, de l’amnésier (ce qui n’empêche pas la dissociation psychosomatique). Nous passons donc un temps à sonder en hypnose les messages de son inconscient. Mais, là non, plus rien n’émerge.
Alors je réalise qu’elle a 52 ans et je pose la question essentielle : où en être-vous avec la ménopause ?


Passage obligé, tout aussi tabou que les premières règles, la ménopause plonge beaucoup d’entre nous dans un univers parallèle, un désert aride où l’on déambule et trébuche sans boussole ni repère. Un peu comme si, tout d’un coup, on se réveillait dans le corps et la tête de quelqu’un d’autre. Pendant un temps on essaye de faire marche arrière, de faire comme si on était toujours le « soi d’avant », on rame, on pleure, on prend des kilos, on s’angoisse, on repleure … jusqu’à ce qu’on accepte. Mais comme elle est dure cette acceptation quand on ne comprend rien à ce qui nous arrive.


Alors on prend le temps de l’explication d’abord (car les symptômes de la ménopause c’est tellement plus que les bouffées de chaleur et les sautes d’humeur !), puis on explore ce qui blesse, ce qui déstabilise et on cherche ensemble comment être plus douce avec soi-même, quels aménagements mettre en place pour ce nouveau corps, ce nouveau soi.
Grâce à l’hypnose conversationnelle stratégique et intégrative les patientes reprennent le contrôle de cette période particulière et lui donnent d’autres couleurs pour avancer plus sereinement et librement dans cette nouvelle aventure de vie.


Bérangère Lhomme – Absolem Formations

Ce qu’en dit la littérature

Ce parcours, estomac, digestion, douleurs articulaires, nervosité, sommeil, examens sans résultat, est si fréquent qu’il porte un nom dans la littérature : l’errance diagnostique de la périménopause.

La transition ne se limite pas aux bouffées de chaleur. Les enquêtes recensent une liste longue et peu spécifique de manifestations : troubles du sommeil, douleurs articulaires, palpitations, troubles digestifs, sécheresse, difficultés de concentration, anxiété. Prises une à une, chacune conduit vers un spécialiste différent. Prises ensemble, elles dessinent un tableau cohérent que personne ne voit parce que personne ne regarde l’ensemble. D’où cette impression d’être hypocondriaque, que tant de femmes formulent elles-mêmes avant qu’on la leur suggère.

La dimension thymique est mieux documentée qu’on ne le croit. Plusieurs études de suivi montrent que la période de transition s’accompagne d’un risque accru d’épisode dépressif, y compris chez des femmes sans antécédent. La vulnérabilité est liée à l’instabilité hormonale plutôt qu’au niveau lui-même, ce qui explique que la périménopause soit souvent plus difficile que la ménopause installée. Les moments de vrai désespoir dont parle ce texte ne sont donc ni un caractère fragile ni une exagération.

Sur l’hypnose elle-même, il existe ici quelque chose d’inhabituel dans notre champ : des données solides. Les travaux de Gary Elkins et de son équipe, publiés à partir d’essais contrôlés randomisés, ont montré une réduction importante de la fréquence et de l’intensité ressentie des bouffées de chaleur chez des femmes ménopausées, avec une amélioration parallèle du sommeil. La North American Menopause Society a intégré l’hypnose parmi les approches non hormonales dont l’efficacité est reconnue. C’est l’une des indications les mieux étayées de l’hypnose clinique.

Un mot enfin sur ce que ces études ne disent pas. Elles ne disent pas que la ménopause serait un phénomène psychologique. Elles disent que le vécu d’un symptôme et le symptôme lui-même ne se confondent pas, et que le premier se travaille.

La conséquence pratique est simple. Il ne s’agit jamais de remplacer un suivi médical, et une plainte nouvelle mérite toujours d’être explorée. Il s’agit d’ajouter ce que la consultation médicale n’a pas le temps de faire : redonner un sens à un ensemble de signes épars. C’est l’objet de la formation Ménopause.

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