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Traverser les fêtes en conscience : un guide pour soignants et patients

Boule de Noël transparente traversée de lumières dorées

Traverser les fêtes en conscience

Voilà que nous entamons les deux semaines sans doute les plus chargées émotionnellement de l’année.
Au casting : Noël, la familiale, avec son lot de stress, de manques, de tristesse et d’ambivalence ; Nouvel an, la festive obligatoire avec son lot de solitude, de frustrations, de faux semblants …


Il y a celles et ceux pour qui cette période est réellement enchantée bien sûr, mais pour beaucoup c’est un moment complexe qui ravive tout ce qui n’est pas résolu, tout ce qui bouillonne encore au fin fond de notre inconscient : les petits et grands traumas, les deuils, les carences, les injustices, les non-dits …
Parfois, pour se préserver et préserver sa propre santé mentale, il faut pouvoir dire non au réveillon familial que l’on sent explosif, au risque d’être perçu.e comme le ou la mauvais.e.


Parfois, si on décide de participer, il faut pouvoir s’envelopper d’une bulle protectrice, merveilleuse anesthésie émotionnelle qui nous permettra de glisser sur l’événement sans le vivre, ni le subir réellement. Car, lors de ce genre de réunion en famille, les dynamiques parfois dysfonctionnelles se remettent en place et chacun.e se retrouve prisonnier.e du rôle qui lui a été imposé.


Dans tous les cas, il est important de se recentrer sur soi, sur ses besoins, sur ses ressources et sur sa lumière intérieure. Car plus on brille en dedans, plus on diffuse, plus on se protège…
S’écouter, se protéger, oser s’affirmer, briller ont été les thèmes de la plupart de mes séances cette semaine car l’hypnose conversationnelle stratégique et intégrative que nous pratiquons chez Absolem aide dans tous ces cas.


En ce jour de solstice d’hiver qui marque le retour progressif de la lumière, faisons le vœu de traverser cette période en préservant la sérénité et l’amour en nous.


Bérangère Lhomme – Absolem Formations

Ce qu’en dit la littérature

Cette période résiste à l’analyse simple, et la recherche réserve quelques surprises à ce sujet.

Commençons par une idée fausse, tenace, reprise chaque année par les médias. Les fêtes ne provoquent pas de pic de suicides. Les données de plusieurs pays montrent l’inverse. Décembre est souvent l’un des mois les plus bas de l’année, tandis que le printemps concentre les taux les plus élevés. Ce mythe est même considéré comme problématique par les chercheurs en prévention, parce qu’il installe l’idée qu’une saison rendrait le passage à l’acte normal. Ce que la littérature décrit en décembre, c’est autre chose. Une hausse de la détresse, de la solitude ressentie et de la consommation d’alcool. La souffrance augmente, sans se traduire par ce que l’on croit.

Le deuxième apport concerne la réactivation. Les travaux sur les réactions d’anniversaire décrivent un phénomène bien identifié. Une date, une odeur, une musique, un rituel répété peuvent rappeler une mémoire douloureuse sans qu’aucun souvenir conscient ne se présente. La personne ressent l’état émotionnel avant d’en comprendre la cause. Or les fêtes sont un concentré de repères sensoriels stables. Les mêmes plats, les mêmes chants, la même maison, parfois la même place à table. Difficile d’imaginer déclencheur plus efficace, et c’est précisément ce que nous appelons les traumas en creux.

Le troisième apport vient de l’approche systémique. Murray Bowen a décrit la façon dont un individu adulte, replacé dans son système familial d’origine, retrouve la position qu’il y occupait enfant. Le processus est rapide et largement automatique. Une personne parfaitement solide dans sa vie professionnelle redevient, en deux heures de repas, celle qui se tait ou celle qui arrange tout. Ce n’est pas une faiblesse de caractère, c’est le système qui rappelle ses rôles.

S’ajoute enfin ce que la sociologie nomme le travail émotionnel, notion développée par Arlie Hochschild. Il désigne l’effort fourni pour afficher l’émotion attendue par le contexte. Les fêtes en exigent beaucoup, et sur une durée inhabituelle. Il faut paraître joyeux, reconnaissant, disponible. Cet écart entre le ressenti et l’affiché a un coût mesurable en fatigue.

Ce que ces quatre lignes de recherche ont en commun mérite d’être souligné. Aucune ne décrit une fragilité individuelle. Elles décrivent des mécanismes ordinaires, qui fonctionnent chez tout le monde, et que cette période active simultanément. Dire non à un réveillon n’est donc pas un caprice, c’est une décision informée. Et savoir se protéger quand on décide d’y aller s’apprend.

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